Le coup de coeur de la semaine va au petit marchand de fruits ambulant qui sillone toute la semaine les quartiers de Santa-Cruz. Chaque samedi matin il passe dans notre rue pour vendre ses délicieux fruits (bananes, papayes, ananas, oranges, et autres fruits aux noms bizarres qui n’existent qu’ici…). Sa charrette, équipée d’un mégaphone pour avertir de son passage, est tirée par deux chevaux rondouillards et dans un état de santé impeccable. “C’est parce que j’ai la chance d’avoir un grand terrain pour eux à Santa-Cruz et que je leur donne un supplément de céréales qu’ils sont si bien!” nous a raconté le jeune vendeur.
Ce type de vente à domicile, qui n’existe malheureusement plus en Belgique, nous rend de bons services: le luxe d’avoir des fruits frais livrés chaque semaine à la maison. Fini les trajets pénibles et acrobatiques en bus avec des sacs trop lourds à porter! Et sans parler du contact sympathique avec le vendeur, toujours prêt à nous en dire plus sur son métier et sur les produits vendus.
La région de Santa-Cruz est très réputée pour sa production de fruits et de légumes (le climat est idéal, chaud et humide). Des centaines d’hectares entiers sont consacrés à la production de ces denrées(oubliez les cultures bios… ;-( , pour le marché national et international. Cette conversion massive des terres ( et malheureusement, la déforestation qui l’a précédé) a été stimulée par la banque mondiale dans les années 80, pour tenter de trouver des revenus pour rembourser la dette du pays. Résultat des courses, un production assez incroyable, une immigration massives des hautes terres vers cette nouvelle source d’emplois mais des dégats énormes pour l’environnement…
Les petits métiers de rue, auxquel nous ne sommes plus habitués en Europe, est une des choses qui m’a le plus frappé ici. Outre le marchand de fruits, il y a de nombreux métiers de rue (fixes ou mobiles), qui font vivre des milliers de personnes à Santa-Cruz et ailleurs en Bolivie. Vendeuses de jus d’oranges frais ( pressés devant vous!), de diverses boissons, reproduction de clés, vendeurs de journaux, préparation de repas chauds… et réparateurs en tout genre.
Petite pensée pour le cordonnier rencontré dans les rues de Sucre lors de notre voyage de fin d’année. La bottine d’Alain rendant l’âme, nous l’avons portée sans trop d’illusions chez un cordonnier travaillant dans une rue du centre ville, avec un établi mobile. En un tour de main et pour deux sous, il a recousu toute la chaussure avec une machine à pédales (type ancienne machine à coudre mais avec une forme adaptée à la réparation de cuirs et de souliers, voir photo!). Voilà la paire de bottines repartie pour de longs mois de bons services!
Dans un pays où la sécurité sociale et les allocations de chômage n’existent pas, les boliviens sans contrat de travail sont bien obligés pour survivre de se lancer dans cet univers des petits boulots. Travailleurs courageux aux horaires de travail élastiques, tributaires de conditions de travail précaires, ils rendent de nombreux services “clé sur porte” à la population. Un confort de vie pour ceux qui bénéficient des services de ces petits commerces de la débrouille.







oui je confirme, mes chaussures sont comme neuves maintenant…
finalement , c’est ce qui manque dans notre société de consommation ;des petits métiers qui aideraient vachement bien les populations qui ont difficiles à terminer leur mois ,au lieu de ça , ils jettent et rachètent
j’espère que vous allez bien tous les 2 et je me demande si vous avez reçu mon mail précédent
A+ Ghislaine
Coucou Ghislaine! Chouette d’avoir un petit mot de ta part! Je t’avais déjà répondu il y a quelques semaines sur l’adresse d’Yvan. Tu n’as pas eu mon mail? Je t’en renvoie un de nouveau ce WE. Bises!